J'écoute : Radiohead
Je regarde : Mushishi
Je lis : The Waves - Virginia Woolf
Je joue : Okami - PS2
Je mange : des tartines de nutella
Je bois : du jus de carottes
Je cite : Ah ! ne pas bouger, ne pas partir ! Maintenir tout cela pour toujours !
Je pense : à ne pas penser.
Je rêve : donc je suis.
(mis à jour mardi 25 mars 2008 à 00:01)

17/11/2007

17/11/07 - 17:53

Un peu d'introspection

Place pour un peu d'égocentrisme - après tout, n'est-ce pas là la vocation première du blog ? (oui, pour les adolescents décérébrés - misère, j'échaperai bientôt à cette catégorie pour rejoindre celle des adulescents. Tuez-moi.)

Celà fait depuis lundi que je ne suis pas sorti de ma chambre. Ma fac fait partie de celles qui sont bloquées, et vivant en banlieue, mes capacités de déplacements sont fortement réduites par les grèves actuelles. Le pire étant que cela ne me gêne quasiment pas. Cela fait donc 5 jours que je reste sur mon lit, à bouquiner, à regarder des trucs déjà vus sur mon ordinateur, ou à tchatter.

En 5 jours, mon téléphone n'a pas sonné une seule fois. Parfois, je me dis que si un jour je décidais de ne plus sortir définitivement de chez moi, personne ne le remarquerait. Evidement, c'est une idée noire due à la trop longue prolongation de ce séjour forcé dans mon antre - un seul jour de cours manqué et mes compagnons de fac s'inquièteraient de ne pas m'avoir vu.
Il n'empêche.

Je ne comprends pas pourquoi le fait que je ne sorte pas étonne autant que je le dis, d'ailleurs. J'ai l'impression que l'occupation du gay moyen réside dans sa garde-robe, ses cosmétiques et les boîtes du marais qu'il fréquente. (je précise bien 'gay moyen', je sais, c'est une généralisation, bouh, pas bien, je fais des raccourcis faciles si je le veux d'abord)
Moi, je n'aime pas ça. J'aime bien passer une heure sous une douche bien chaude à essayer de nouveaux parfums de gel douche - j'adore sentir bon - mais c'est plus pour moi que pour plaire à quelqu'un d'autre. Je déteste 'sortir', à fortiori dans un endroit 'gay' - ça me donne plus l'impression de me rendre à la boucherie qu'autre chose. Je dois déjà subir ça sur Internet avec la dictature du "no pic=no dial" et du "+ de 35 ans OUT", ou encore du "je mor pa LOL".
Je fais un complexe d'infériorité envers ses êtres si biens adaptés à la société dans laquelle ils vivent à fond le train, et en même temps un complexe de supériorité envers ce diktat de la superficialité et de la consommation (auquel je me dois de plier. Non mais vous avez vu les macbook ? Comment résister quand on a été éduqué par les pubs ?).

Pour en revenir au quotidien, malgré le fait que ça m'oblige à rester chez moi et à broyer du noir, je n'en veux pas le moins du monde aux bloqueurs et grévistes qui, à ce que j'ai cru comprendre, gâchent la vie de tout le reste de la population française. Eux se battent pour ce qu'ils croient, et s'il est facile de leur taper dessus en invoquant le nomrbe de désagréments qu'il engendrent dans nos petites vies égoïstes, je crois qu'il est encore plus facile d'oublier que si nous-même avions des avantages qu'on menacait de nous retirer, on pousserait une gueulante.
Le problème est que je ne m'identifie absolument pas aux étudiants bloqueurs ou aux grévistes de la SNCF. Je n'ai pas de cause à laquelle je crois (sauvons les bébés phoques !), en tout cas pas au point de sortir braver le froid (5° ? C'est quoi ces conneries ? Ma couette !) et manifester dans les rues.

Ce manque d'intérêt m'inquiète depuis un bout de temps déjà. On nous stresse dès nos 13 ans pour faire des choix qui définiront nos vies, on n'a pas le droit à l'erreur, il faut savoir ce qu'on veut faire de sa vie de plus en plus tôt, on nous presse de prendre des décisions. Et moi, je n'aime pas ça, être pressé. Ca me bloque. Du coup, je suis bloqué depuis mes 13 ans. Je fais des études pour l'intérêt d'en faire, parce que je suis doué naturellement dans telle ou telle matière, et que ce n'est donc pas trop dur. Et que ça m'empêche d'être confronté à des choix essentiels.
Je vais bientôt quitter ma deuxième décennie pour rentrer dans le lot des "jeunes adultes". 20 ans. Bordel. Je n'ai jamais eu de problème avec mon âge, le passage à la majorité s'est fait sans heurt chez moi, quand je me compare à certains personnes que je connais. Mais 20 ans, ça a un caractère fatidique. On attend de moi que je sois plus mature, que je sache ce que je veux et surtout comment l'obtenir. Alors qu'en réalité je n'en sais rien.

A la fin de cette année scolaire, j'aurai 20 ans, un diplôme (normalement, hein, sauf cas exceptionnel), et aucune idée relative à mon futur.

J'ai déjà un mal de chien à remplir la case "intérêts" ou "hobby" dans un site de rencontre, je me vois mal continuer mes études alors que je ne sais toujours pas ce que j'ai envie de devenir.

(La parenthèse qui tue tout : ne sachant déjà pas me définir ou savoir ce dont j'ai envie, il n'est peut-être pas étonnant de voir le vide récurrent dans ma vie sentimentale. Parenthèse fermée.)

La vie (réelle), sapuduku.

commentaires

17/11/07 - 18:44

Comme je peux te comprendre :

1) mon portable ne sonne que trés rarement.

2) je ne sors pas dans le milieu gay car ça ne me tente pas plus que ça et pis c'est assez hypocrite comme milieu. J'ai testé.

3) ne rien faire fait que c'est le vide y compris sentimentalement.

voilà c'est tout. Courage.

17/11/07 - 19:06

bienvenue dans la 20aine : réputé le plus bel âge de par chez moi... (comme quoi tout est une question de point de vue lol)

17/11/07 - 19:07

Ah non, je vous arrête tout de suite, j'ai encore 19 ans, et je m'y accrocherai de tous mes ongles jusqu'à la dernière minute.

17/11/07 - 19:20

bof ça sert à rien de s'accrocher à quelque chose d'aussi éphémère... ça me fait penser à mes copines de fac qui veulent pas vieillir et qui sont toutes tristes à l'idée de prendre un an => malheureusement pour elles, c'est un drame qui se reproduit tous les ans :D

17/11/07 - 19:24

Oui, mais passer du statut de teenager à celui de "grand" de 20 ans... Ce n'est pas le fait de vieillir qui m'embête, en tout cas pas le phénomène physique. C'est plus le fait que ce qu'on attend de moi va changer alors que je ne me sens pas prêt, pas préparé à ça. La faute à notre société qui nous veut infantile le plus longtemps possible... ? (je ne vais quand même pas toujours rejeter la faute à la société, j'ai beau être timide/introverti/associal, il y a des limites :D)

17/11/07 - 19:52

Dis donc tu as trouvé un site gay sur lequel ce sont les MOINS de 35 ans qui sont out? Faut que tu me donnes l'adresse, car ça va bientôt pouvoir me servir...

Blague à part, ne t'inquiète pas de ne pas savoir ce que tu veux faire de ta vie à 20 ans, c'est on ne peut plus normal, les choses vont se décanter petit à petit. Le seul conseil que je pourrais te donner c'est de ne ne te fermer aucune porte avant d'avoir une idée un peu plus précise. Par ailleurs, je ne sais pas de qui tu parles quand tu dis qu'on va attendre je ne sais quoi de toi! 20 ans c'est encore jeune, ma foi, pense qu'autrefois la majorité était à 21 ans, et je pense que ce n'était pas si bête que ça car à 18 ans on est pas encore très sûr de soi, non?

17/11/07 - 20:08

bah en fait les gens attendent pas plus de toi qu'à 19 ans ... enfin en tout cas moi j'ai pas remarqué de changement...

la rupture, c'était plutôt au moment où il a fallu partir de chez mes parents pour un ptit studio

17/11/07 - 20:46

Cette rupture là, ca fait bien 3 ans que je l'attends, mais je suis comme qui dirait enchainé à ma mère :(

18/11/07 - 23:19

Si je puis me permettre, tout de même : le pédé-cliché, c'est tout de même pas la majorité, hein.

J'dis ça, j'dis rien. Ou sinon moi non plus je n'aurais pas le droit d'exister.

18/11/07 - 23:24

Ca reste la majorité visible, si. Normal, puisque c'est ceux dont on parle le plus. Rien de croustillant à raconter sur le pédé-tout-le-monde qui prend son café le matin, va travailler quand la sncf n'est pas en grève et n'espère que se marier et adopter un enfant, avoir une maison à la campagne avec un labrador et une piscine peut-être.

Mais tout le monde a le droit d'exister. Si je devais décider de qui avait le droit d'exister ou non, je déciderais que je n'ai pas le droit d'exister, et donc personne n'existerait. Ha !

25/11/07 - 13:47

oui enfin bon tous les pédés-tout-le-monde n'ont peut-être pas envie de se marier et d'avoir des enfants lol

quoi je relance de vieux sujets ? :D

25/11/07 - 13:53

Je n'ai moi-même pas envie de me marier ou d'avoir des enfants, mais j'aimerais bien qu'on me laisse quand même le choix :) Histoire de droits de l'homme, qu'on nait tous libres et égaux en droits, tout ça tout ça. Ces droits son bafoués de manière tellement horribles de par le monde, j'aimerais bien qu'ils commencent par être respéctés dans les pays dits "civilisés" :)

Et puis ca serait un argument en moins pour les thèses homophobes de comptoir et et ça serait un pas de plus vers la banalisation des homosexuels. Ma vie sexuelle ne regarde absolument pas le reste du monde, je fais ce que je veux de mon cul, je veux donc pouvoir avoir les même droits que monsieur tout le monde, y compris par exemple pouvoir donner mon sang :)

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