Amour de métro
J'attends patiemment, la rame arrive. Elle s'arrête, les portes s'ouvrent. Tu es là, assis, perdu dans ton monde, coupé du monde extérieur par ce beau casque rouge. Mes oreillettes bien vissées, les sons du métro me paraissent sourds, cachés par la musique. Je te regarde, je t'observe, je scrute les traits de ton visage, et toi, tu ne me vois même pas, tu es à mille lieues de t'imaginer que là, soudainement, un garçon a eu le coup de foudre pour toi. Tu es parfait, tes lèvres évoquent en moi des fantasmes de baisers langoureux, tes yeux solitaires et indépendants regardent sans voir par la fenêtre. J'enregistre les moindres détails, la façon dont tes mains s'agite sur tes genoux, au rythme des notes qui déferlent dans tes oreilles. Le plastique rouge se perd dans tes cheveux courts et indisciplinés, qui ont l'air aussi doux que du duvet.
Mon cerveau marche à cent à l'heure et patine dans la semoule en même temps, je veux imaginer un nous, alors que vraiment il n'y a qu'un moi et un tu. Tu es l'inconnu, le désir, l'envie d'accomplissement, je suis l'inachevé, le vide attendant d'être comblé. Pendant ce bref interlude, cette tranche de vie dans les transports en commun, je t'aime de tous les fibres de mon être, et un mot de ta part me ferait tiens pour l'éternité. Et puis les portes s'ouvrent à nouveau, trop vite, 5, 10 minutes, et je n'ai pas eu le temps de m'abreuver de ta vue tout mon saoul, que déjà je me lève, et tu te lèves, et nous sortons, chacun de notre côté.
Nous ne nous reverrons jamais, tu ne te douteras même pas qu'un jour, dans les transports en commun, un coeur s'est épanoui et flétri pour toi.
Nous ne nous rencontrerons jamais plus, et déjà ma mémoire te classe dans cette catégorie si particulière, pleine de tes semblables.
Adieu, amour de métro.
30/10/07 - 12:20
touché !
je reviendrai te lire, ton style résonne en moi - hop, checklist !
qisuij