Un coup de vent, une bourrasque froide, et une feuille de plus meurt.
Un coup de vent, et elle s'envole, virevolte, et atterit doucement par terre, emportant avec elle un morceau de chaleur de l'été qui meurt, un morceau de joie de mon coeur.
A chaque feuille qui tombe, il fait plus froid et sombre, à chaque arbre dénudé s'ajoute qui une écharpe, qui des gants.
C'est l'automne, et à chaque minute de clarté qui s'envole, l'obscurité prend un peu plus ses marques, grignote les barrières, installe ses miasmes.
Chaque jour, ça devient un peu plus dur de s'arracher à la chaleur des couettes, l'oreiller parait plus magnétique, la tête plus lourde, les paupières sont scellés, la motivation brille par son absence, et la chaleur devient un mets recherché, et consommé avec avidité.
On se met à imaginer avec ferveur cet autre qui se loverait contre nous sous la couette pour partager un peu de sa chaleur, rallumer la flamme des cendres de notre âtre, cet autre qui comblerait le vide froid où l'automne s'installe. On l'imagine tellement qu'une image se forme dans notre esprit, à l'orée de la réalité et du rêve, dans cet entre-deux matinal où le froid n'a pas encore chassé les rêves de la nuit. On a passé la nuit dans ses bras forts, ses bras d'inconnu qu'on sait qu'on aime, et quand on ouvre finalement les yeux, il n'est plus là, il nous a abandonné. C'est qu'il n'existe pas dans notre réalité.
Un coup de vent, une feuille qui tombe, une minute de jour évaporée, un lit plus vide, des rêves mélancoliques...
Pas de doute, c'est l'automne.
30/10/07 - 12:23
*un mets
(pardonne-moi, je voudrais juste que ce texte soit parfait en tout point ! ;)
qisuij