17/11/2007Un peu d'introspectionPlace pour un peu d'égocentrisme - après tout, n'est-ce pas là la vocation première du blog ? (oui, pour les adolescents décérébrés - misère, j'échaperai bientôt à cette catégorie pour rejoindre celle des adulescents. Tuez-moi.)
Celà fait depuis lundi que je ne suis pas sorti de ma chambre. Ma fac fait partie de celles qui sont bloquées, et vivant en banlieue, mes capacités de déplacements sont fortement réduites par les grèves actuelles. Le pire étant que cela ne me gêne quasiment pas. Cela fait donc 5 jours que je reste sur mon lit, à bouquiner, à regarder des trucs déjà vus sur mon ordinateur, ou à tchatter.
En 5 jours, mon téléphone n'a pas sonné une seule fois. Parfois, je me dis que si un jour je décidais de ne plus sortir définitivement de chez moi, personne ne le remarquerait. Evidement, c'est une idée noire due à la trop longue prolongation de ce séjour forcé dans mon antre - un seul jour de cours manqué et mes compagnons de fac s'inquièteraient de ne pas m'avoir vu.
Il n'empêche.
Je ne comprends pas pourquoi le fait que je ne sorte pas étonne autant que je le dis, d'ailleurs. J'ai l'impression que l'occupation du gay moyen réside dans sa garde-robe, ses cosmétiques et les boîtes du marais qu'il fréquente. (je précise bien 'gay moyen', je sais, c'est une généralisation, bouh, pas bien, je fais des raccourcis faciles si je le veux d'abord)
Moi, je n'aime pas ça. J'aime bien passer une heure sous une douche bien chaude à essayer de nouveaux parfums de gel douche - j'adore sentir bon - mais c'est plus pour moi que pour plaire à quelqu'un d'autre. Je déteste 'sortir', à fortiori dans un endroit 'gay' - ça me donne plus l'impression de me rendre à la boucherie qu'autre chose. Je dois déjà subir ça sur Internet avec la dictature du "no pic=no dial" et du "+ de 35 ans OUT", ou encore du "je mor pa LOL".
Je fais un complexe d'infériorité envers ses êtres si biens adaptés à la société dans laquelle ils vivent à fond le train, et en même temps un complexe de supériorité envers ce diktat de la superficialité et de la consommation (auquel je me dois de plier. Non mais vous avez vu les macbook ? Comment résister quand on a été éduqué par les pubs ?).
Pour en revenir au quotidien, malgré le fait que ça m'oblige à rester chez moi et à broyer du noir, je n'en veux pas le moins du monde aux bloqueurs et grévistes qui, à ce que j'ai cru comprendre, gâchent la vie de tout le reste de la population française. Eux se battent pour ce qu'ils croient, et s'il est facile de leur taper dessus en invoquant le nomrbe de désagréments qu'il engendrent dans nos petites vies égoïstes, je crois qu'il est encore plus facile d'oublier que si nous-même avions des avantages qu'on menacait de nous retirer, on pousserait une gueulante.
Le problème est que je ne m'identifie absolument pas aux étudiants bloqueurs ou aux grévistes de la SNCF. Je n'ai pas de cause à laquelle je crois (sauvons les bébés phoques !), en tout cas pas au point de sortir braver le froid (5° ? C'est quoi ces conneries ? Ma couette !) et manifester dans les rues.
Ce manque d'intérêt m'inquiète depuis un bout de temps déjà. On nous stresse dès nos 13 ans pour faire des choix qui définiront nos vies, on n'a pas le droit à l'erreur, il faut savoir ce qu'on veut faire de sa vie de plus en plus tôt, on nous presse de prendre des décisions. Et moi, je n'aime pas ça, être pressé. Ca me bloque. Du coup, je suis bloqué depuis mes 13 ans. Je fais des études pour l'intérêt d'en faire, parce que je suis doué naturellement dans telle ou telle matière, et que ce n'est donc pas trop dur. Et que ça m'empêche d'être confronté à des choix essentiels.
Je vais bientôt quitter ma deuxième décennie pour rentrer dans le lot des "jeunes adultes". 20 ans. Bordel. Je n'ai jamais eu de problème avec mon âge, le passage à la majorité s'est fait sans heurt chez moi, quand je me compare à certains personnes que je connais. Mais 20 ans, ça a un caractère fatidique. On attend de moi que je sois plus mature, que je sache ce que je veux et surtout comment l'obtenir. Alors qu'en réalité je n'en sais rien.
A la fin de cette année scolaire, j'aurai 20 ans, un diplôme (normalement, hein, sauf cas exceptionnel), et aucune idée relative à mon futur.
J'ai déjà un mal de chien à remplir la case "intérêts" ou "hobby" dans un site de rencontre, je me vois mal continuer mes études alors que je ne sais toujours pas ce que j'ai envie de devenir.
(La parenthèse qui tue tout : ne sachant déjà pas me définir ou savoir ce dont j'ai envie, il n'est peut-être pas étonnant de voir le vide récurrent dans ma vie sentimentale. Parenthèse fermée.)
La vie (réelle), sapuduku. 02/11/2007Dans ma bulle
Bulle.
Forme : ronde.
Généralement transparente, irisée.
Fragile, fâcheuse tendance à éclater.
Une bulle entre moi et le reste du monde. Une bulle pour atténuer les bruits du monde réel, une bulle pour me protéger de ses agressions, mais une bulle pour m'isoler.
Assis derrière ma barrière, je les regarde s'exciter, huer, crier, souffler. Je les vois tenter de m'extirper de là, je les vois tenter de d'éclater l'invisible mur qui les retient dehors, je les vois s'écraser dessus alors qu'ils sont persuadés qu'il n'y a rien entre eux et moi. Leur confiance brisée en mille morceaux, ils frappent, cognent, furieux, blessés, frustrés.
Moi, seul, las, je les regarde, et je ne bouge plus. Ca fait trop longtemps que je suis là, las, seul. Trop longtemps que je suis assis. Je ne sens plus mes jambes. J'attends celui qui saura traverser la bulle comme si elle n'existait pas, celui qui fera fi de mes barrières pour me tendre la main et me remettre sur pied.
J'attends, peut-être pour toujours, peut-être pour jamais. Mais j'attends.
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